La réponse courte : la bonne question n'est pas « pourquoi est-ce si peu cher », mais « qu'avez-vous retiré, précisément ». Il existe des économies parfaitement saines, qui ne changent rien à ce que vous obtenez. Et il en existe cinq qui vous coûteront le double dans dix-huit mois.
Nous sommes parmi les moins chers du marché romand — CHF 690 pour un site vitrine quand les agences démarrent autour de CHF 1'500. Nous avons donc tout intérêt à ce que vous fassiez la différence entre les deux catégories.
Les économies qui ne coûtent rien
La structure. Une agence avec des bureaux en centre-ville lausannois, un chef de projet intermédiaire et une équipe commerciale répercute ces coûts. Ils sont réels, ils ne sont simplement pas dans votre site. Un prestataire léger facture moins sans livrer moins.
L'automatisation des tâches répétitives. Décliner une maquette sur tous les formats d'écran, intégrer des pages, produire les premiers jets rédactionnels, traduire, poser le balisage : ce sont des heures mécaniques, et ce sont exactement celles qu'une agence facture le plus cher. Nous avons mesuré le gain à environ 30 % du temps de production, et baissé nos prix d'autant. Ce qui reste humain — le positionnement, l'architecture, les décisions éditoriales — est précisément là où se joue la valeur.
Le périmètre. Cinq pages coûtent moins que quinze. C'est arithmétique, et c'est honnête tant que c'est annoncé.
La technologie. Un site en pages statiques n'a ni base de données, ni extensions, ni back-office public à maintenir. Le coût de possession sur trois ans est structurellement plus bas — voir notre comparaison des coûts réels.
Les cinq économies qui vous coûteront cher
1. La propriété du site
C'est la plus coûteuse, et la moins visible. Dans beaucoup de formules mensuelles, le site reste la propriété de l'agence tant que vous payez.
Faites le calcul : CHF 150 par mois sur 36 mois, c'est CHF 5'400 — pour un site que vous ne possédez pas au terme. Si vous arrêtez, il disparaît, et le rachat se négocie à des conditions rarement favorables.
Ces formules ne sont pas malhonnêtes en soi, à condition que le mécanisme soit expliqué. Il l'est rarement.
2. La rédaction
« Textes fournis par le client » est la ligne la plus lourde de conséquences dans un devis. C'est aussi la première cause de retard : le projet s'arrête pendant des mois parce que personne n'a le temps d'écrire.
Si la rédaction n'est pas explicitement incluse, elle ne l'est pas. Comptez alors soit votre temps, soit CHF 150 à 400 par page chez un rédacteur.
3. L'architecture
Un site pas cher est souvent un site où l'on a « mis les pages habituelles » : accueil, services, à propos, contact. Personne n'a regardé ce que vos clients cherchent réellement.
Le résultat coûte peu et ne rapporte rien : aucune page ne correspond à une recherche existante. Un site qui capte une demande a une page par intention, ce qui suppose un travail de recherche en amont. C'est invisible sur un devis, et c'est la différence entre une brochure en ligne et un canal d'acquisition.
4. Le plan de redirection
Uniquement si votre site en remplace un autre — mais alors c'est critique. Sans redirection, chaque ancienne adresse renvoie une erreur 404, et le référencement accumulé pendant des années repart de zéro. Le trafic chute de 60 % ou davantage, trois semaines après la mise en ligne.
Ce poste représente 5 à 10 % du budget d'une refonte. C'est celui sur lequel il ne faut jamais économiser, et nous le détaillons dans quand refaire son site.
5. Les accès à votre nom
Domaine, hébergement, Search Console, fiche Google Business : tout doit être ouvert avec votre adresse e-mail, le prestataire ajouté comme collaborateur.
Cela ne coûte rien. L'économie apparente — « on gère tout, c'est plus simple » — se paie le jour où la relation s'arrête. Nous détaillons ce qui se récupère et ce qui ne se récupère pas dans reprendre son site à un autre prestataire.
Ce que vous obtenez, par tranche de prix
| Budget | Ce que c'est réellement |
|---|---|
| CHF 0 – 300 | Constructeur en ligne monté par vous. Bon choix si votre acquisition ne passe pas par Google. |
| CHF 300 – 700 | Modèle installé et adapté. Rapide, générique, sans architecture pensée. |
| CHF 700 – 1'500 | Site sur mesure avec périmètre restreint, chez un prestataire léger. |
| CHF 1'500 – 8'000 | Fourchette des agences romandes : design propre, architecture, suivi. |
| CHF 15'000+ | Stratégie de marque, recherche utilisateur, production. Un autre métier. |
Entre CHF 300 et 700, la question n'est pas la qualité mais l'honnêteté de l'annonce. Un modèle adapté vendu comme tel est une offre correcte. Vendu comme du sur-mesure, c'est autre chose.
Le seul chiffre qui compte
Ne comparez pas des prix de création. Comparez des coûts sur trois ans, récurrents compris.
| Site à CHF 500 sous WordPress | Site à CHF 690 en statique | |
|---|---|---|
| Création | 500 | 690 |
| Hébergement (3 ans) | 600 – 1'800 | 0 – 720 |
| Maintenance (3 ans) | 1'200 – 5'400 | 0 – 1'800 |
| Extensions (3 ans) | 300 – 1'800 | 0 |
| Total | 2'600 – 9'500 | 690 – 3'210 |
L'écart de création est dérisoire. L'écart se creuse sur les récurrents, et il se creuse chaque année.
Il existe moins cher que nous, et parfois c'est le bon choix
Un Squarespace monté par vos soins coûte CHF 180 à 700 par an et sera en ligne ce soir. Si votre acquisition passe par le bouche-à-oreille ou les réseaux sociaux, et que le site sert de carte de visite, faites ça. Vous n'avez pas besoin d'une agence, et nous le disons régulièrement en premier rendez-vous.
Le calcul change dès que votre marché se joue sur Google et que vos concurrents y sont bien placés : vous plafonnerez, et il faudra tout refaire. Le détail par type de prestataire figure dans notre guide des prix du marché romand.
Les cinq questions à poser à un devis bas
- Le site m'appartient-il entièrement, et à partir de quand ?
- Qui rédige les textes ?
- Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ?
- Y a-t-il un plan de redirection ? (si le site en remplace un autre)
- Quels sont les coûts récurrents, détaillés, sur trois ans ?
Un devis bas qui répond correctement à ces cinq questions est une bonne affaire. Un devis élevé qui y répond mal reste un mauvais achat — le prix n'a jamais été le critère.