La réponse courte : le choix d'un CMS n'est pas une décision technique, c'est une réponse à une question d'usage. Combien de fois par mois quelqu'un doit-il modifier le site sans appeler personne, et qui est ce quelqu'un ? Tout le reste en découle.
La plupart des comparatifs abordent le sujet à l'envers, en alignant des fonctionnalités que personne n'utilisera. Voici la version utile.
La question qui décide
Comptez honnêtement, sur les douze derniers mois, combien de fois vous avez voulu modifier votre site vous-même.
| Fréquence réelle | Ce qui convient |
|---|---|
| Quelques fois par an | Site statique avec back-office léger |
| Une à deux fois par mois | Site statique avec back-office, ou Webflow |
| Chaque semaine, une personne | Webflow ou WordPress |
| Chaque semaine, plusieurs personnes | WordPress |
| Catalogue produits et stocks | Shopify |
La plupart des PME romandes se situent dans les deux premières lignes et paient pourtant pour la quatrième. C'est l'erreur la plus courante, et elle coûte cher chaque année.
WordPress : ce qu'il fait bien, et il fait bien des choses
WordPress équipe environ 43 % du web. Ce n'est pas un accident.
Il est imbattable quand une extension existante couvre exactement votre besoin. Réservation de créneaux pour un cabinet, adhésions pour une association, catalogue immobilier avec filtres, espace membres : il existe une extension mature pour presque tout, et la redévelopper coûterait dix fois plus.
Il est le bon choix quand plusieurs personnes publient régulièrement. Le back-office est connu, les rôles et permissions sont solides, et vous trouverez toujours quelqu'un qui sait s'en servir. C'est un argument réel de continuité.
Il est le bon choix quand votre équipe le maîtrise déjà. Une compétence interne existante vaut souvent plus qu'un gain technique théorique.
Nous ne construisons pas sur WordPress, et nous le recommandons tout de même dans ces trois cas. Si votre besoin est là, un bon prestataire WordPress vous servira mieux que nous.
Ce que WordPress coûte réellement
La licence est gratuite. Le coût est ailleurs.
| Poste | Coût annuel |
|---|---|
| Maintenance (cœur, thème, extensions) | CHF 400 – 1'800 |
| Licences d'extensions premium | CHF 100 – 600 |
| Hébergement adapté | CHF 200 – 600 |
La maintenance n'est pas optionnelle. Un site typique embarque quinze à trente extensions, chacune écrite par un tiers, mise à jour à son rythme, parfois abandonnée par son auteur. Chacune s'exécute sur votre serveur avec les mêmes droits que le reste du site. Ce n'est pas une question de vigilance : la surface d'attaque grandit à chaque ajout, et c'est structurel.
Le calcul complet sur trois ans figure dans notre comparaison WordPress ou Next.js.
Webflow : le milieu de gamme honnête
Webflow occupe une place réelle : édition visuelle sans code, performance correcte, hébergement inclus. Pour une entreprise qui veut modifier ses pages elle-même, souvent, sans dépendre de personne, c'est un choix défendable.
Les deux réserves sont connues : l'abonnement court tant que le site existe — comptez CHF 25 à 45 par mois selon la formule — et vous ne pouvez pas emporter le site ailleurs sans le refaire. Vous louez la plateforme autant que l'outil.
Shopify et WooCommerce : le seuil qui décide
WooCommerce convient jusqu'à une vingtaine de produits et un volume modeste, surtout si le site tourne déjà sous WordPress. C'est une extension : elle hérite des qualités et des défauts de son hôte.
Shopify s'impose dès qu'il y a un vrai catalogue, des stocks, de la logistique. Il gère nativement ce qui demande sinon d'empiler cinq extensions, au prix d'un abonnement et d'une commission.
Dans les deux cas, vérifiez le même point avant de signer : TWINT et PostFinance ne sont dans aucune configuration par défaut. Un e-commerce suisse sans TWINT perd une part significative de conversions, et le sujet se traite à la construction, pas après. Nous le détaillons sur notre page site e-commerce.
Le site statique, et son malentendu
« Statique » ne veut pas dire figé. Le site est pré-généré — chaque page existe en HTML avant qu'un visiteur n'arrive — mais un back-office permet de modifier textes, images et articles sans toucher au code.
Ce que cela change concrètement :
- La vitesse. Il n'y a rien à calculer à l'arrivée du visiteur. L'écart avec un WordPress moyen est d'un facteur 3 à 5.
- La sécurité. Pas de base de données, pas d'extensions, pas d'interface d'administration publique. Il n'y a presque rien à attaquer.
- Le coût récurrent. Pas de licences, une maintenance qui tend vers zéro.
La limite est réelle : dès qu'il faut de la logique métier — un espace membres, une réservation avec disponibilités, un calcul de devis complexe — un CMS applicatif redevient le bon outil.
Le tableau de décision
| Votre situation | Notre recommandation |
|---|---|
| Site vitrine, mis à jour rarement | Statique + back-office léger |
| Blog actif, un rédacteur | Statique + back-office, ou Webflow |
| Publication quotidienne, plusieurs auteurs | WordPress |
| Besoin métier couvert par une extension | WordPress |
| Moins de 20 produits, WordPress déjà en place | WooCommerce |
| Catalogue, stocks, logistique | Shopify |
| Équipe qui maîtrise déjà un outil | Cet outil |
Cette dernière ligne compte plus qu'on ne le croit. Un CMS techniquement supérieur que personne n'ose ouvrir produit un site qui ne bouge plus — et un site qui ne bouge plus perd ses positions.
Ce qui compte plus que le CMS
Trois choses pèsent davantage sur vos résultats que le choix de l'outil, et elles sont vraies partout :
- Le site vous appartient. Code, contenus, domaine, accès. Vérifiez-le, quel que soit l'outil.
- Il est rapide sur mobile. C'est mesurable en trente secondes et cela pèse sur votre classement.
- Il répond aux recherches de vos clients, avec une page par intention plutôt qu'une brochure.
Un WordPress bien construit bat un site statique mal pensé, tous les jours. Le CMS est une contrainte, pas une stratégie.
Si vous hésitez sur votre cas précis, écrivez-nous avec l'adresse de votre site actuel. Nous vous répondons franchement, y compris quand la réponse est « restez où vous êtes ».