« Notre site date un peu, il faudrait le refaire. » C'est une phrase que nous entendons chaque semaine — et dans la moitié des cas, notre réponse est : pas encore, ou pas comme ça.
Une refonte est un projet coûteux et risqué. Voici comment savoir si le vôtre en a réellement besoin.
Sept signaux objectifs
1. Votre site met plus de trois secondes à s'afficher sur mobile
C'est le signal le plus mesurable, et le plus coûteux. Testez votre site sur PageSpeed Insights. Si le LCP dépasse 2,5 secondes sur mobile, vous êtes pénalisé dans le classement Google — et une part importante de vos visiteurs part avant même d'avoir vu votre offre.
Ce n'est pas toujours une raison de tout refaire : parfois, une optimisation ciblée suffit. Mais si le site est structurellement lourd, l'optimisation atteint vite son plafond.
2. Il n'est pas correctement utilisable sur téléphone
Plus de 60 % du trafic web est mobile, souvent davantage pour les commerces et la restauration. Si vos visiteurs doivent zoomer, si les boutons sont trop petits, si un menu ne s'ouvre pas — chaque visite est une perte.
3. Votre trafic Google baisse depuis plus de six mois
Une baisse ponctuelle arrive. Une érosion continue sur deux ou trois trimestres indique un problème de fond : contenu dépassé, structure inadaptée, ou concurrents qui ont investi pendant que vous n'avanciez pas.
Regardez votre Search Console avant de conclure. Parfois le problème est éditorial, pas technique — et une refonte ne le règlera pas. Depuis 2025, une autre cause s'ajoute : les réponses IA captent une part croissante des clics, à positions inchangées. Voyez ce que les AI Overviews changent avant d'imputer la baisse à votre site.
4. Vous ne pouvez pas modifier votre site vous-même
Si changer un horaire ou un tarif suppose d'appeler un prestataire et d'attendre trois jours, votre site est un frein. En pratique, il finit par ne plus jamais être mis à jour — et un site qui n'évolue plus perd du terrain, mécaniquement.
5. Votre offre a changé et le site ne le montre plus
C'est la raison la plus légitime de toutes. Nouveaux services, nouvelle cible, nouveau positionnement, changement de nom. Un site qui décrit l'entreprise que vous étiez il y a quatre ans attire les clients que vous ne voulez plus.
6. Il présente un risque de sécurité réel
WordPress non mis à jour depuis des mois, extensions abandonnées par leurs auteurs, absence de certificat SSL, hébergement obsolète. Le risque n'est pas théorique : un site défiguré ou distribuant des logiciels malveillants est déclassé par Google et signalé aux visiteurs.
7. Il ne répond à aucune obligation légale actuelle
Depuis la nLPD, votre site doit informer clairement sur le traitement des données personnelles. Formulaires non chiffrés, politique de confidentialité absente ou copiée d'un modèle français mentionnant le RGPD : ce sont des points à corriger, même sans refonte complète.
Quatre mauvaises raisons de refaire son site
« Je m'en suis lassé. » Vous voyez votre site tous les jours. Vos clients le découvrent une fois. Votre lassitude n'est pas un indicateur de performance.
« Le concurrent en a fait un nouveau. » Le sien est peut-être moins efficace que le vôtre. Regardez vos chiffres, pas son design.
« On m'a dit qu'il fallait refaire tous les trois ans. » C'est un argument commercial, pas une règle. Un site bien construit, rapide et régulièrement alimenté peut tenir sept ou huit ans sans problème.
« Je veux un design plus moderne. » Si c'est la seule raison et que le site fonctionne, un rafraîchissement graphique coûte trois à cinq fois moins cher qu'une refonte complète.
Le vrai risque : perdre son référencement
C'est le scénario que nous voyons le plus souvent, et il est évitable à 100 %.
Une entreprise refait son site. Il est plus beau. Trois semaines plus tard, le téléphone ne sonne plus : le trafic Google a chuté de 60 %.
La cause est presque toujours la même. Les adresses des pages ont changé sans redirection. Chaque ancienne URL renvoie une erreur 404. Google, qui avait mis des années à comprendre et classer votre site, repart de zéro. Et tous les liens que d'autres sites pointaient vers vous ne mènent plus nulle part.
La solution tient en une ligne : établir le plan de redirection avant la mise en ligne, pas après.
Concrètement :
- Exporter la liste complète des URL existantes (Search Console, sitemap, outil d'exploration).
- Identifier celles qui reçoivent du trafic ou des liens entrants.
- Associer à chacune son équivalent sur le nouveau site.
- Mettre en place des redirections permanentes (301) — jamais des 302, qui ne transmettent pas la valeur.
- Après la bascule, surveiller la Search Console pendant 90 jours.
Fait correctement, ce travail préserve intégralement vos positions. Et comme le gain de vitesse est lui-même un facteur de classement, une refonte bien menée fait généralement gagner des positions.
Ce que coûte une refonte
| Type de projet | Fourchette | Délai |
|---|---|---|
| Rafraîchissement graphique | CHF 900 – 2'500 | 1 à 2 semaines |
| Refonte site vitrine | CHF 3'000 – 7'000 | 3 à 5 semaines |
| Refonte avec changement de technologie | CHF 4'000 – 12'000 | 4 à 8 semaines |
| Refonte e-commerce | CHF 8'000 – 30'000 | 6 à 14 semaines |
Le plan de redirection représente généralement 5 à 10 % du budget. C'est le poste sur lequel il ne faut jamais économiser.
La question à se poser avant de décider
Pas « est-ce que mon site est beau ? », mais : combien de demandes m'a-t-il apportées le mois dernier ?
Si vous ne savez pas répondre, commencez par mesurer. Trois mois de données valent mieux qu'une intuition — et parfois, cela révèle que le problème n'est pas le site mais l'absence totale de trafic, ce qui appelle une réponse complètement différente.
Nous réalisons ce type de migration régulièrement — voyez notre page refonte de site web, ou écrivez-nous pour un avis honnête sur votre cas, y compris si la réponse est « n'y touchez pas ».