La réponse courte : commencez par le nom de domaine, il se récupère presque toujours. Tout le reste — hébergement, contenu, code — en dépend ou s'y substitue. C'est aussi la partie que les prestataires bloquants tiennent le plus volontiers, parce qu'elle donne l'impression que rien n'est possible.
Nous recevons cette demande régulièrement, et le scénario varie peu. Une entreprise a fait faire son site il y a quelques années. Le prestataire a cessé de répondre, a changé de métier, ou a simplement disparu. Personne ne sait où le site est hébergé. Personne n'a de mot de passe. Et le domaine est enregistré au nom de quelqu'un d'autre.
C'est désagréable, c'est fréquent, et c'est presque toujours réparable.
Faites d'abord l'inventaire
Quatre éléments distincts, avec quatre niveaux de difficulté très différents. Ne les traitez pas ensemble.
| Élément | Récupérabilité | Ce qui la conditionne |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Presque toujours | Raison sociale ou marque correspondante |
| Hébergement | Souvent | Facture ou paiement à votre nom |
| Contenus | Toujours | Export, ou extraction depuis le site public |
| Code source | Seulement si prévu au contrat | Clause de cession |
L'ordre compte : le domaine conditionne l'adresse e-mail, le référencement acquis et l'identité. C'est là que se joue l'essentiel.
Le nom de domaine
Regardez d'abord qui en est titulaire. Pour un .ch, la consultation est publique et gratuite sur nic.ch. Cela prend trente secondes et détermine toute la suite.
Si vous êtes titulaire, il n'y a pas de problème : vous demandez au registraire une réinitialisation d'accès, comme pour n'importe quel compte oublié.
Si le prestataire est titulaire, demandez par écrit — un e-mail suffit et fait preuve — le transfert du domaine et le code d'autorisation. Beaucoup de refus tiennent à l'inertie plutôt qu'à une intention de nuire, et une demande formelle suffit souvent.
En cas de blocage réel, SWITCH, le registre des domaines .ch, propose une procédure de conciliation pour les litiges. Elle coûte CHF 500 et se déroule sans tribunal. Un domaine qui correspond à votre raison sociale ou à une marque déposée se récupère dans la très grande majorité des cas — c'est précisément ce que la procédure est faite pour trancher.
L'hébergement
Identifiez d'abord l'hébergeur : une recherche whois sur l'adresse IP du site suffit généralement, et n'importe quel prestataire vous le fera gratuitement en deux minutes.
Si les factures d'hébergement sont à votre nom, la plupart des hébergeurs réattribuent le compte sur présentation d'un justificatif. Si tout est au nom du prestataire et qu'il ne répond pas, ne perdez pas de temps : reconstruisez ailleurs. Un hébergement se remplace en quelques heures, contrairement à un domaine.
Les contenus
C'est la bonne nouvelle : tout ce qui est publié est par définition accessible.
Textes, images, structure des pages, articles de blog — tout cela se récupère depuis le site public, avec ou sans coopération de qui que ce soit. Une extraction complète d'un site vitrine prend une à deux heures.
Ce qui ne se récupère pas ainsi : les brouillons, les fichiers sources des visuels, et les données saisies dans une base — anciennes commandes, comptes clients, formulaires archivés. Si votre site en contient, traitez-les en priorité.
Le code source
Soyons directs : si la cession du code n'était pas prévue au contrat, il ne se récupère pas. Vous avez payé une prestation, pas nécessairement acquis un droit sur le code.
C'est moins grave qu'il n'y paraît. Sur un site vitrine, le code n'est pas le vrai actif — il l'est rarement. Vos actifs sont le domaine, les contenus, et les positions acquises sur Google. Ces trois-là se récupèrent ou se reconstruisent.
Reprendre ou refaire ?
C'est la question qui décide du budget, et la réponse penche plus souvent qu'on ne le croit vers « refaire ».
Reprendre a du sens quand le site fonctionne correctement et génère déjà des demandes, quand la technologie est courante et à jour, quand une documentation existe, et quand le besoin est de la maintenance plutôt que de l'évolution.
Refaire a du sens — et c'est le cas le plus fréquent — quand personne ne connaît l'historique du site. Reprendre du code non documenté écrit par quelqu'un d'injoignable se facture à l'heure, sans plafond prévisible : chaque modification commence par une enquête. À budget égal, vous obtenez souvent un site neuf, à jour et documenté, plutôt qu'une compréhension partielle de l'ancien.
Le point qu'il ne faut pas rater dans les deux cas : le plan de redirection. Si les adresses des pages changent, chaque ancienne URL doit pointer vers son équivalent, sans quoi vous perdez le référencement accumulé. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur quand refaire son site, et c'est le cœur de notre service de refonte.
La prévention tient en une ligne
Quel que soit votre prochain prestataire, exigez ceci dès le premier jour :
Tous les comptes — registraire du domaine, hébergement, dépôt de code, Google Search Console, fiche Google Business, outil d'analyse — sont ouverts avec votre adresse e-mail d'entreprise. Le prestataire y est ajouté comme collaborateur.
Cela ne coûte rien, ne demande aucune compétence technique, et rend structurellement impossible le scénario décrit ici. C'est la première des six questions à poser avant de signer, et la réponse d'un bon prestataire est « évidemment, c'est comme ça que nous procédons ».
Chez nous, la propriété complète — code, domaine, contenus, accès — est acquise dès le solde payé. Ce n'est pas une faveur : c'est la seule position tenable quand on a vu ce que produit l'inverse.
Vous êtes dans cette situation ? Écrivez-nous avec l'adresse de votre site. Nous regardons ce qui est récupérable et ce qui ne l'est pas, et nous vous le disons avant que vous n'engagiez quoi que ce soit.